Abbaye de Fontenay

Voici une bien belle relation,

concernant un fidèle de notre Association,

que nous dispense le Journal de Saône et Loire

dans son édition du16 août 2011

Non renseignée

Nichée au creux d’un adorable vallon boisé, remarquablement conservée, l’abbaye de Fontenay constitue l’exemple parfait du génie cistercien en terre de Bourgogne.

Fontenay est la septième fille de Cîteaux. C’est aussi la seconde création de Saint-Bernard, trois ans après Clairvaux.

En octobre 1118, Bernard de Fontaine, accompagné d’un petit groupe de moines, découvre l’endroit idéal pour fonder un nouveau monastère, près de Montbard, sur des terres appartenant à sa famille. Le site, loin de la ville et des hommes, dans un vallon sauvage cerné par une profonde forêt, est judicieusement choisi pour respecter l’idéal cistercien basé sur la règle de Saint-Benoît de Nursie. Les moines défrichent, drainent, assainissent les marécages et triomphent peu à peu de la nature hostile. Puis, aidés par de nombreuses donations, ils bâtissent un ensemble fonctionnel, empreint à la fois de majesté et de dépouillement, grâce à un remarquable équilibre des masses et une pureté de lignes qui réjouit le fondateur.

Grâce aux moyens financiers abondants, le chantier est rapidement terminé, ce qui confère à ces édifices de style roman une unité architecturale que l’on peut encore constater aujourd’hui.

Grandeur et déclin

Destinée à vivre en autarcie, l’abbaye pratique l’élevage, l’agriculture, maîtrise l’eau et la pisciculture et développe une importante activité industrielle basée sur le minerai de fer. Elle connaît une grande prospérité pendant plusieurs siècles, possède 1 000 hectares de terres et compte jusqu’à 300 moines.

Fontenay subit ensuite les vicissitudes des guerres, puis le déclin commence en 1547 lorsque le roi décide de nommer un abbé commendataire et non élu par la communauté des moines blancs. Les nouveaux abbés sont plus intéressés par leur rente que par l’entretien des constructions, qui se délabrent lentement.

En 1790, les derniers moines quittent l’abbaye qui est vendue comme bien national, mais non détruite. Elle est masquée par une manufacture de papier qui fonctionne jusqu’en 1906.

Préservation du site

C’est là que les destins de l’abbaye et de la famille Aynard se croisent et se lient. Edouard Aynard achète l’ensemble et démolit la papeterie pour « extraire Fontenay de sa gangue industrielle ».

Depuis, ses descendants n’ont cessé de restaurer et d’entretenir les bâtiments cisterciens aux deux hectares de toitures. A la Libération, c’est Hubert Aynard, incité par son père, qui reprend le flambeau de son bisaïeul et sauve le domaine laissé à l’abandon durant quatre ans par l’occupant, en développant d’abord l’agriculture, vite insuffisante, puis en choisissant la voie du tourisme.

Les 700 visiteurs annuels de 1945 sont 50 000 en 1981, avant le classement au patrimoine de l’Unesco qui constitue un tournant pour Fontenay. Ils ont dépassé les 100 000 en 2010 grâce aux efforts ininterrompus des propriétaires et de leur fils François, l’actuel directeur.

Une belle réussite pour une famille attachée à préserver un site inviolé depuis près de 900 ans, qui s’est toujours considérée avec modestie comme « le dépositaire respectueux et passager » d’un chef-d’œuvre intemporel.

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Date de dernière mise à jour : 13/11/2011